mardi 1 décembre 2020

Ameer Al-Halbi ou le droit d'informer en danger !

Ne nous y trompons pas, ce qu'il s'est passé à Paris ce 28 novembre 2020 est gravissime. Un photojournaliste, clairement signalé comme tel parmi un groupe de confrères, a été sauvagement bastonné par un CRS, sans doute parce qu'il venait quelques minutes auparavant de photographier un policier violentant un manifestant. Ameer aurait donc été puni parce qu'il a fait son métier de reporter.

 

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https://www.koutipandoras.gr/sites/default/files/styles/rocket_original/public/2020-11/En-Rj71WEAIg4OW.jpg?itok=UlDctlKk

 

Ce qui se joue là n'est rien de moins que le droit d'informer, la liberté de montrer ce qu'il se passe dans notre vieux pays des Droits de l'Homme, pays des Lumières et de la liberté. Pays de la fraternité et de l'égalité.

Nous, photographes, amateurs, professionnels, d'information, de guerre, de mode, animaliers, paysagistes, sportifs, de partout et d'ailleurs, devrions tous nous sentir indignés par ce que vient de vivre Ameer Al-Halbi.

J'apprends en rédigeant cet article qu'une enquête administrative est ouverte afin de déterminer les circonstances de ce bastonnage et les responsabilités des uns et des autres. Espérons que cette enquête sera impartialement conduite. Souhaitons que, si la responsabilité du CRS était reconnue, son jugement donne un coup d'arrêt à la très dangereuse escalade de la violence policière illégitime. Ce type d'agression, si elle devait être jugée comme telle, entacherait l'honneur des forces de l'ordre et donnerait des armes idéologiques à ceux dont la violence et la destruction sont le seul horizon.

Heureusement Ameer va bien. Il a vu pire. Au sens propre comme au sens figuré. Il a vu la guerre, la souffrance, les ruines et l'horreur des corps et des âmes broyés. Il a vu une partie de sa famille désintégrée par un double bombardement. Il a pu ramener de cet enfer quelques sublimes clichés.

© Ameer Al Halbi / AFP


Méditons ces images, les images qu'Ameer a eu le courage, entre deux bombardements, d'aller immortaliser parfois au péril de sa vie. Elles sont peut-être, si l'on y prend garde, la terrible et sanglante finalité des violentes prémices qui agitent aujourd'hui notre pays.




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