vendredi 18 septembre 2020

Navrante écologie politique

Une douloureuse constatation s'impose à chaque français désireux de voir la préservation de la nature portée dans le débat politique : l'écologie politique à la française n'est pas écolo. Elle est beaucoup de choses, avant tout une aventure opportuniste, libertaire sociale et libérale économique, adepte du grand écart, tout, sauf écolo.

Il faut dire que l'écologie politique évolue dans un carcan douloureusement étroit : être green sans froisser inopportunément les énergies libérales en place, occuper l'actualité sans froisser les susceptibilités les plus réactionnaires économiquement, c'est à dire les activités les plus polluantes, finalement, faire, comme d'autres, davantage de sociétal que de social.

Chacun y va donc de son coup de com' et de sa petite phrase polémique, sans discernement ni concertation. Les symboles et les traditions ont la vie dure. Noël et sa magie ne sont pas épargnés (comme si Noël n'était rien d'autre qu'une orgie consumériste), le tour de France également (comme si une course de vélo n'était rien d'autre qu'un polluant concours machiste). Peu importe que les attaques soient portées contre de forts symboles, partie intégrante de la culture populaire et quasi-unanimement appréciés des français, il faut faire du buzz, il faut "disrupter", en écriture inclusive obligatoirement.

Bref, il est véritablement navrant de voir cette écologie politique s'opposer frontalement à tout ce qui est inscrit dans l'ADN et l'identité française et faire la promotion de mesures, comme l'écriture inclusive, qui sont étrangères à l'écologie et très largement retoquées par les français.

Navrant car tout ce tapage inutile offre une image caricaturale et déformée de l'écologie, à vrai dire une image détestable d'une cause pourtant juste et cruciale qui devrait être transverse. Une cause universellement partagée (personne ne souhaite vivre dans un cloaque pollué) que ces écolos d'usurpation parviennent à rendre impopulaire.

Je l'ai déjà écrit et réitère donc : c'est à se demander si cette incurie ne relève pas d'une volonté sous-jacente de saper l'élan écologique naturellement partagé par l'immense majorité de nos concitoyens.

Se tirer une balle dans le pied avec une telle constance ne peut relever de la simple maladresse politicienne.

Pendant ce temps, pendant qu'on s’écharpe sur les questions de genre et l'écriture inclusive, sur le machisme du tour de France et le sapin de Noël, les pollueurs polluent, les exploiteurs exploitent et les cyniques bradent le patrimoine naturel de notre beau pays, les lobbyistes s'assurent de leur impunité et les agences de com' ripolinent tout ça à grand coup de greenwashing. Tout va bien dans le meilleur des mondes et ce n'est certainement pas cette écologie politique là qui y changera quoi que ce soit.


1 commentaire:

Jean-Paul Lahache a dit…

Tout à fait d'accord avec votre point de vue. Jipé