mardi 27 mars 2018

Société de l'information... hautement volatile.

Dans notre société de l'information, les "news" circulent à un rythme effréné.

Nous sommes submergés, gavés d'informations jusqu'à l’écœurement et, comme notre fonction olfactive peut l'être d'un parfum capiteux, notre capacité de compréhension est endolori, saturée jusqu'à provoquer une forme d'acatalepsie. Si bien que certaines nouvelles qui devraient nous saisir d'effroi et provoquer une prise de conscience immédiate, collective et puissante, n'ont d'autre effet qu'une vague petite musique, un murmure d'inquiétude sans lendemain.

C'était le cas il y a quelques années quand nous apprenions la diminution extrêmement préoccupante des abeilles en Europe. On nous montrait en guise d'avertissement ces petites mains chinoises fertiliser, fleur par fleur, pendant des semaines, les cerisiers et autres fruitiers, faute d'abeilles pour s'en charger. On nous informait de ce juteux business, aux Etats-Unis, qui consiste en la location pendant la floraison, aux sociétés productrice d'amandes, de ruches salvatrices pour palier à la disparition des insectes pollinisateurs. On pointait du doigt la chimie phytosanitaire, les traitements utilisés, les quantités hallucinantes répandues. Le glyphosate, entre autre, était dénoncé.

Et une poignée d'années ont passées, le vent puissant de l'info en continue a soufflé...

Et puis, la semaine dernière, un communiqué du Muséum d'Histoire Naturelle, nous apprenait qu'une étude indiquait une très nette diminution des populations d'oiseaux dans les campagnes françaises. Un tiers en moins en 15 ans. Presque rien.

On suppute que cette diminution serait due à la disparition massive des insectes, décimés par l'utilisation massive en agriculture de nitrate et neurotoxiques puissants et persistants.

Neurotoxiques puissants et persistants. Le lien est clairement démontré dans l'étude.

Autrement dit, nos pratiques agricoles tuent les insectes massivement depuis des années et en corolaire les oiseaux qui ne peuvent plus s'en nourrir. Un nouveau maillon de la chaine alimentaire est en train de céder. Faut-il rappeler que malgré toutes nos illusions de modernité, l'Homme reste un maillon de celle-ci ?

Entendez-vous la douce musique d'indifférence d'une information qui déjà s'estompe, supplantée, écrasée, par toutes celles que nous avons reçues depuis ? Constatez-vous le peu d'intérêt qu'elle aura suscitée dans les couloirs vernissés de nos institutions ? Voyez-vous avec quelle légèreté guillerette nous serons passés depuis au magot posthume d'un rockeur fatigué ou à l'outrage supposé d'une starlette prête à tout ?

Et pourtant nous y sommes probablement. Nous y sommes à la croisée des chemins où chaque décision est déterminante. Où chacune d'elle rapprochera l'Humanité soit d'une tentative avortée de l'intelligence, soit d'un âge adulte dans lequel la maturité aura été synonyme de respect du vivant. Nous y sommes ! Mais...

Alors quand je l'ai vu, là, juste devant ma fenêtre, je me suis dit qu'il fallait en garder une trace, pour mémoire, de ce beau bouvreuil (pyrrhula pyrrhula) en train de disparaitre de nos campagnes, dans une quasi indifférence... Mais en musique.

Bouvreuil en sursis (Pyrrhula Pyrrhula)











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