vendredi 13 octobre 2017

Du respect des femmes

Au moment où le Ministère du Travail édite un guide promouvant l'égalité hommes-femmes dans les entreprises, nous tolérons au quotidien, à deux pas de chez nous, le pire avilissement, un esclavage moderne sordide et tragique.

Au moment où l'Etat français se fait le porte-voix, parfois jusqu'au grotesque, d'une idéologie issue d'un féminisme dénaturé :


De jeunes femmes étrangères, arrachées à leurs familles, sont contraintes à une prostitution brutale et destructrice en forêt de Fontainebleau.

 

Elles attendent le client, des journées entières, à l'entrée des chemins forestiers, en espérant gagner suffisamment pour ne pas mécontenter leur propriétaire, jamais rassasié.


Pendant ce temps les coupes budgétaires ne permettent plus aux policiers de Fontainebleau de travailler dans des conditions normales, d'avoir des locaux salubres et du matériel opérationnel. Les collègues de la BRP (Brigade de Répression de la Prostitution) ne sont pas mieux pourvus.


Et je passe en vélo, un matin, devant une des ces jeunes femmes en sursit. Elle est recroquevillée au pied d'un arbre et pleure. Avec un fort accent (roumain ?) elle me fait comprendre que tout va bien et qu'elle ne veut pas que j'appelle de l'aide, surtout pas.

 

Elle ne semble pas blessée et, comme pour le confirmer, se lève brusquement en séchant ses larmes. Elle soutient mon regard et dans ses yeux, ses yeux. Tant de choses. Une beauté presque déjà évanouie et tout le reste, inimaginable.

Et je l'ai laissée là, seule, au milieu de la forêt en emportant honte et rage mélangées.

Pendant ce temps la collectivité s'habitue, tourne la tête. Quelques élus locaux se mobilisent, sans résultat. Et là-haut, tout là-haut, dans les cabinets parisiens, on s'occupe de grammaire.
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