jeudi 3 août 2017

Aller au contact de la nature.

On me faisait remarquer récemment que les privilégiés qui ont un accès direct et facile à la nature sauvage (ou peu s'en faut) ne se rendent pas toujours compte de la difficulté d'accès à celle-ci pour les familles plus urbaines.
Cette remarque faisait suite à un message que j'envoyais sur un autre support pour moquer (gentiment) les parents qui s'extasiaient avec leurs enfants devant les quelques animaux domestiqués, entravés ou en cage, présentés à une manifestation "nature" à Fontainebleau.
Mon contradicteur avait bien raison au fond, le succès jamais démenti du salon de l'agriculture en atteste, les citadins on besoin d'un cadre qui leur permettent de toucher du doigt cette nature tant rêvée, a fortiori lorsqu'on souhaite s'approcher de la faune sauvage.

Mettons-nous donc pour un instant dans la peau d'un citadin arrivant sur son lieu de villégiature et désireux d'aller à la rencontre du vivant, le vrai.




Comme toujours, l'essentiel est le contact humain :

Soyez sympa avec les locaux

La solution la plus simple et la moins onéreuse est sans aucun doute l'échange avec l'autochtone. Vous avez un bon feeling avec le patron du camping ou la voisine de votre logement ? 
Faites part de votre besoin de nature authentique et de votre envie de voir les petites bêtes sauvages du coin. Avec votre plus beau sourire, vous pourrez obtenir sans mal les petites ballades tranquilles des environs, hors des sentiers battus, qui vous permettront avec un peu de chance et aux bonnes heures, d’apercevoir un chevreuil ou un aigle.
Allez boire une bière au troquet du village, vous y trouverez probablement un chasseur ou deux prêts à vous renseigner. Ca marche, croyez-moi, sauf au moment de l'ouverture de la chasse, où curieusement l'ambiance se tend et le touriste n'est plus vraiment le bien venu.
Les agriculteurs et éleveurs sont aussi de très bons pourvoyeurs d'infos.


Contactez les associations naturalistes locales

Cherchez sur le net les associations locales de protection de la nature ou de mise en valeur du patrimoine. Elle sont le plus souvent constituées de bénévoles passionnés qui se feront une joie de vous donner des tuyaux. Vous pouvez essayer également les clubs photo qui ont souvent une section naturaliste en leur sein. Attention toutefois, le photographe naturaliste ne partage que très rarement ses informations ;-)

Renseignez-vous dans les offices de tourisme ou les syndicats d'initiative

Si vous vous trouvez dans une zone touristique, outre les quelques infos que l'agent pourra peut-être vous donner directement sur une carte, on vous renverra vers un bureau des guides ou une liste d'accompagnateurs reconnus. Attention dans ce cas, soyez clair dans votre souhait : assurez-vous de bien solliciter les services d'un guide naturaliste qui vous demandera logiquement une rétribution. Appelez-le auparavant au téléphone pour vous assurer de ses compétences et de sa capacité à vous emmener voir du vivant. Méfiez-vous de ceux qui vous promettent du 100% ! Attention au prix qui peut être assez élevé et vérifiez les conditions de sortie : il faut être peu nombreux pour espérer approcher la faune. Participez à la protection de la nature en déclinant les offres de sorties en groupe trop importants, surtout pendant les périodes de reproduction.

Les sorties guidées sont évidemment de loin les plus performantes pour profiter de la nature et de la faune. Un bon guide naturaliste saura vous faire passer une journée inoubliable, surtout si vous avez les moyens de la privatiser.

Tentez les Offices !

On y pense rarement mais nos offices gestionnaires, ONF (Office National des Fôrets) et ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) organisent des sorties nature parfois très intéressantes. Leurs agents assermentés peuvent aussi, au cas par cas, vous renseigner ou vous accompagner sur certains sites. Avec de la chance, on vous mettra également en relation avec un garde forestier qui saura en principe vous donnez de précieuses indications. La plupart de ces agents sont très sympas et vous accueillerons bien si vous montrez un réel intérêt à leur métier.

Dans les parcs nationaux, on pourra vous mettre en relation avec les gardes-moniteurs qui vous accompagneront sur des sites remarquables et parfois au plus près de la faune. Attention toutefois : les politiques peuvent varier d'un parc à l'autre et en fonction des populations animales. Certaines espèces très protégées ne seront pas approchées.

et avec de la patience vous pourrez profiter vous aussi de ces doux instants  :-)


Et surtout gardez à l'esprit que la faune sauvage est extrêmement fragile et qu'un visiteur indélicat peut mettre en péril jusqu'à la survie d'un groupe entier ! Il y a un profond paradoxe à permettre au plus grand nombre d'approcher la faune sauvage. Ce "contact" ne peut se concevoir que dans un profond respect du vivant. C'est ce respect qui doit transparaître dans votre attitude et vos propos quand vous sollicitez de l'information. L'autochtone ne vous fera partager ces belles émotions que si vous le méritez ;-)

Allez, belles ballades !