dimanche 12 février 2017

Espaces protégés : zone de turbulence droit devant !

En ces temps politiques troublés, où les mots sont vides de sens et les étiquettes trompeuses, il convient d'être particulièrement attentif à la fabrication de la loi. C'est en effet le lot d'un régime en bout de course, servi par un gouvernement quasi illégitime, que de servir précipitamment et furtivement les intérêts de ceux dont il est l'obligé.

Quelques particuliers choisis sont préférés à la masse qui conspue. C'est bien là le drame de notre vie "démocratique" : l'action politique n'est plus asservie au "demos" mais peut devenir son joug pour satisfaire une minorité.

Ainsi le travail des vigies de la vie législative est capital, il permet de déceler et de mettre au jour certaines tentatives furtives de réécriture des textes particulièrement dommageables, notamment pour la bio-diversité.

Ainsi le site https://www.sauvonslaforet.org/ , qui propose de signer une pétition, nous apprend dans cet article :


qu'une tentative de réécriture de la loi est en cours concernant les forêts de protection (dont Fontainebleau) afin d'y permettre l'exploitation minière.

Notre ministre de l'agriculture, le sémillant Stephane Le Foll, non content de laisser crever les petits éleveurs et exploitants agricoles, s'attaque maintenant à notre patrimoine forestier.

Peut-on seulement imaginer quelles pourraient-être les conséquences pour nos forêts protégées si une "substance minérale à intérêt national ou régional" était trouvée en sous-sol ? Qu'est-ce qu'une substance minérale intéressante ? Intéressante pour qui et pour quoi ? L'imprécision de la définition n'est sans doute pas anodine - et c'est le plus problématique car, si l'on sait que le diable se cache dans les détails, il peut aussi faire son miel de l'approximation.
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Est-ce là la version socialiste de la forêt de protection ouverte à l'exploitation minière ?

Sur le site du ministère, on apprend d'ailleurs que notre ministre vient de signer le décret du programme national de la forêt et du bois dont les grandes lignes ne laissent guère de doute sur la finalité mercantile :


  • Créer de la valeur en France, en mobilisant la ressource durablement ;
  • Répondre aux attentes des citoyens et s’intégrer aux projets de territoires ;
  • Conjuguer atténuation et adaptation des forêts au changement climatique ;
  • Développer des synergies entre forêt et industrie.

Vous remarquerez qu'il n'est pas au programme de lutter contre le changement climatique mais seulement de s'adapter à ce changement : en plantant des essences exotiques à la croissance plus rapide par exemple ? Si l'on renonce à sauver la planète on peut sans doute toujours augmenter le rendement n'est-ce pas ? La dynamique et les engagements de la COP21, s'ils n'ont jamais existés, semblent déjà bien éloignés... Et supplantés par des objectifs plus... pragmatiques.

Est-ce là la version socialiste de la forêt de protection "adaptée" au changement climatique ?

Bref, la conjonction de ces informations, ajoutées à d'autres (les turpitudes de Ségolène) qu'il serait trop long d'exposer ici, montre bien qu'il faudra être vigilant durant cette fin de règne qui pourra encore sans doute nous réserver de bien mauvaises surprises législatives jusqu'au mois de mai ; la faiblesse du gouvernement, sa perte de légitimité ne lui permettant plus de s'opposer aux appétits ultra-libéraux de ceux qui ne perçoivent pas le patrimoine vivant, constituée notamment des zones forestières, autrement que comme une matière première à rentabiliser.

Et ce sera peut-être pire après le 7 mai...