vendredi 15 novembre 2013

Appauvrissement des sols forestiers : la solution ?



On se frotte les yeux parfois sur internet tant certains avis ou propos paraissent éloignés du sens commun.
Surtout lorsque ceux-ci émanent d'un organisme officiel regroupant parmi les meilleurs experts du sujet abordé.





Cette fois c'est l'INRA Nancy-Lorraine qui décroche la timbale en proposant ni plus ni moins, pour parer à l'appauvrissement des sols forestiers, de les enrichir avec un mélange de cendres et... de boues d'épuration !

http://www.nancy.inra.fr/Toutes-les-actualites/Gerer-la-fertilite-des-sols-forestiers-dans-un-contexte-de-changement-climatique

Tout est parfaitement admirable dans cet article, tant le fond rocambolesque que la forme d'un libéralisme échevelé ! Segmentons les forêts ! Réservons quelques micro-parcelles aux doux rêveurs qui perdent leur temps (et ces gens-là Monsieur, le temps, c'est de l'argent) à se promener le week-end et réservons les autres, c'est à dire une grande majorité, à une exploitation massive qui ne s'embarrasserait d'aucune étique.

Les arbres ne poussent plus assez rapidement, la rentabilité diminue ? Qu'a cela ne tienne, allons déverser à leur pied nos rejets douteux dont nous ignorons encore comment éliminer la plupart des polluants !

N'est-ce pas finalement une sorte de Graal pour l'ultra libéral. Valoriser ses propres déjections, en faire un marché ?

J'attire enfin votre attention sur la dernière phrase de l'article particulièrement sibylline : Enfin, il faudra également trouver des pistes pour rémunérer l’ensemble des services rendus par les forêts, et non seulement la production de bois, ce qui est le cas général actuellement. 

Rémunérer l'ensemble des services rendus par les forêts. Voici l'objectif finalement révélé. C'est bien de cela dont il s'agit pour l'auteur : non pas promouvoir une utilisation, y-compris économique, qui garantisse le respect de notre patrimoine commun, son intégrité et sa transmission aux générations futures mais bel et bien la rentabilisation maximisée d'un capital forestier dont semble-t-il le citoyen sera finalement dépossédé.

Elle sera belle la forêt que nous préparent tous ses adorateurs du veau d'or : fracassée en dessous par les fracturations hydrauliques "exploratoires", recouverte de merde pour la fertilité des sols et ravagée par des engins de débardage... Orwell, si tu voyais ça...