dimanche 27 octobre 2013

Le complexe québécois

Ah qu'elles nous font rêver ces somptueuses images d'automnes québécois, enflammées de couleurs et de beauté grandiose ! En France aussi, bien sûr, quelques fameux paysagistes produisent quelquefois de grandes et merveilleuses photographies que les amateurs et novices contemplent béats, bouche ouverte, stupéfaits que tant de beauté naturelle et de maîtrise technique puissent ainsi se réunir sur un même cliché !

Sur le terrain, évidemment c'est autre chose. Un difficile retour à une réalité qui, ponctuée de désagréments météorologiques et de caprices lumineux font de ce début de saison automnale un bien piètre terrain de jeu. La nature, bonne fille pourtant, à bel et bien commencé à se parer de ses plus belles livrées. Le photographe amateur, gonflé à bloc, s'engouffre avec confiance dans une forêt qui, il l'ignore alors, ne lui fera aucun cadeau.


Ciel blanc et couleurs blafardes laissent filtrer de temps en temps quelques lux de lumière venant allumer les sous-bois et réchauffer les teintes multiples des frondaisons.

Pas de filtre polarisant dans le sac. Il faudra composer avec ce ciel blanc et tenter d'en jouer pour y baigner un détail intéressant.


Ou se laisser aller un brûler du pixel pour donner vie ou sous-bois.




Par dépit, il reste la possibilité de s’intéresser au détail, à serrer davantage et tenter de retrouver à petite échelle les signes automnaux de l'hivernation végétale.




Ou laisser dans le champs un minimum de ce fichu ciel si peu collaboratif. La mare aux fées ci-dessous photographiée, ceci est une aparté, a rarement été aussi basse. Espérons que l'hiver la regarnisse abondamment.


Le soleil perce ! Vite, tentons d'immortaliser l'intimité de sa caresse à quelques fougères dorées.


Balade terminée. Rien de québécois dans la carte. Juste quelques signes de la lutte d'un photographe s'échinant a reproduire la beau d'un nature fantastique et capricieuse.

Au moment ou j'écris ces lignes, un coup de vent à chassé les nuages et un ciel bleu et clair s'installe. Une lumière limpide et généreuse illumine les bouleaux du voisin et transforme ses feuilles en or.

Vite, mon sac photo.