dimanche 12 mai 2013

Du sous-bois à Gursky

Les atmosphères forestières dépendent pour beaucoup de la qualité lumineuse. Au printemps, bien loin des énigmatiques brouillards automnaux, les matinées et soirées (surtout les matinées puisque généralement l'air est plus transparent car moins chargé de poussières), lorsque le soleil est à peine au dessus de l'horizon, le photographe bénéficie d'une lumière riche qui magnifie les couleurs, accentue les reliefs et fait parler les paysages.

Pour ma part, c'est une question de goût, les atmosphères contrastées de sous-bois ont ma préférence. Cette années, même si le soleil se montre capricieux, il est tout de même possible, tôt le matin, de tenter de saisir ces ambiances particulières.


Le vert tendre des jeunes fougères tranche avec le fauve de leurs aïeules dépéris.


Les forts contrastes lumineux sont difficilement conciliables dans une seule prise de vue.
Tout l'art des grands paysagistes est justement d'en faire une partie intégrante du sujet rendu, voire parfois le sujet principal. Le contraste lumineux, les parties de l'image révélées par antagonisme à celles occultées sont un parti pris revendiqué par l'auteur.


Sur un sujet de nature tel qu'un sous-bois forestier, les marges de manœuvre sont réduites et les interprétations plus limitées. La grande difficulté est d'essayer de rendre la plus grande fraction possible de l'ambiance, de l'atmosphère ressentie lors de la prise de vue. Ce qui n'est pas une mince affaire !


Pour ma part, outre les considérations énumérées plus haut, j'essai de toujours ramener les choses à leur plus simple expression : 

* l'image est-elle conforme à ce que l’œil a perçu ?
   évidemment non
* l'image rend-elle l'atmosphère de l'instant ?
   très médiocrement
* l'image est-elle belle ?
   bof

Car, et c'est peut-être le plus important, la photographie est une passion toujours inassouvie, une quête de perfection illusoire, un mode d'expression dont la perception ne peut qu'être relative.

Dans mes heures sombres, quand aucune photo ne trouve grâce à mes yeux, j'ai une technique imparable. Je contemple quelques instants la photo la plus chère du monde, un paysage de Gursky, et je médite.


Et toujours l'espoir renaît :-)