mardi 12 février 2013

9 heures plus tard...

Il aura fallu 3 sorties en billebaude et presque 9 heures d'observation pour enfin trouver un cervidé dans notre belle forêt !


L'émotion est intense lorsqu'on parvient enfin à observer un élaphe à Fontainebleau tant il est vrai que la sensation de croiser un survivant est grande. Malheureusement, l'animal m'avait repéré bien avant que mon objectif ne tombe sur lui presque par hasard.

Je me suis d'ailleurs souvent demandé combien de fois avais-je été observé à mon insu, par un cerf, un renard, un chevreuil bien caché sous un couvert ? L'homme est évidemment bien plus détecté qu'il ne détecte et je parierai être parfois passé à quelques mètres seulement d'un sanglier ou d'une biche gîtée !


Malgré cette belle observation, je me dois de préciser à tous ceux qui penseraient, parce qu'on en croise quelquefois sur le bord des routes, qu'il y a pléthore de cervidés en forêt qu'ils se trompent lourdement.

Mon impression, qui est partagée par plusieurs bons connaisseurs de la forêt de Fontainebleau (les vrais, ceux qui la pratiquent régulièrement à pied et pas seulement sur une carte dans un bureau parisien ou derrière les vitres fumées d'un gros 4x4) est que les populations sont constamment et dangereusement en baisse depuis plusieurs années, y compris la population de sangliers.

Il semble à l'inverse qu'il y ait généralement une recrudescence des observations de cervidés et de suidés dans les zones périphériques de la forêt. Zones qui sont évidemment souvent agricoles.

Je pense, ceci n'engage que moi, que la chasse dans le coeur de la forêt (5 jours de chasse par semaine avec la vénerie !) a pour effet de déplacer les populations de cervidés et suidés qui sont contraintes de se réfugier jusqu'aux zones périphériques dans lesquelles elles s'alimentent parfois sur les cultures. Dégradations qui permettent aux chasseurs de justifier leur activité et de se présenter en sauveur de l'agriculture locale et en garant des équilibres forestiers.

C'est bien le principe du cercle vicieux qui s'applique ici : la chasse "intra-forestière" pousse les populations vers la périphérie => les populations prélèvent sur les cultures => les dégâts aux cultures alimentent le mensonge de la surpopulation => le mensonge de la surpopulation cautionne la chasse "intra-forestière".

Si l'on ajoute à cela l'exploitation forestière qui s'est intensifiée ces dernières années, la pression touristique toujours forte, la circulation automobile qui explose depuis 15 ans...

Il reste peu d'espoir quant à l'avenir d'une des plus belles forêts d'Europe. Espérons que l'image que je présente aujourd'hui ne devienne pas demain une relique que les amoureux de la forêt regarderont avec nostalgie !