samedi 6 octobre 2018

Mauvaise sortie

Les photographes naturalistes le savent bien, la prise de vue dans un milieu doit être idéalement réalisée sans aucune perturbation pour celui-ci, dans une parfaite furtivité. Ce n'est qu'à ce prix que le véritable naturaliste pourra s'estimer pleinement satisfait, sans même considérer la qualité des images qu'il ramène sur sa carte mémoire.

1/ Mise en affut précoce et dans la plus parfaite furtivité;
2/ Temps d'affût dans une totale discrétion et le plus grand silence ;
3/ Sortie d'affut et retour au parking sans impacter le milieu.

Cette dernière étape est sans aucun doute la plus problématique, soit parce qu'elle est effectuée négligemment par des photographes ou vidéastes peu scrupuleux, soit parce que la configuration exposée de l'affut ou, à la tombée de la nuit, l'activité de la faune rend la manœuvre délicate.

J'étais donc ce soir-là assez satisfait de mes observations et de ce qui se trouvait sur ma carte mémoire pour tenter une sortie d'affut. Les deux premières étapes avaient été réalisées avec succès, la faune ne se doutait pas de ma présence et le vent était quasi nul, bref, la sortie s'annonçait bien. L'obscurité allait facilité "l'extraction" et il me semblait que les cavalcades et les brames du rut s'était déportées à bonne distance.

Me voici donc rejoignant le chemin en marchant sur des œufs, matériel sur l'épaule, respirant lentement pour minimiser toute chance d'être remarqué.

Dix, vingt, cent mètres, et, au moment où la partie me semblait gagnée :




Ce fut par conséquent, et malgré toutes les belles observations et prises de vue réalisées, une sortie loupée...


En attendant l'ours

Nous sommes là avec quelques gens du coin depuis une bonne heure à attendre l'ours.

Un indien Nuxalk s'approche de moi et, dans un anglais que je comprends mal, me dit que son grand-père, il y a bien longtemps, venait ici-même, attendre, avec son grand-père, que l'ours vienne chasser le saumon.

Un jour, alors que le soleil disparaissait derrière la montagne, un grand loup apparu à la place de l'ours et, les regardant fixement, poussa un long et profond hurlement avant de s'enfoncer par où il était arrivé, vers la profondeur de la forêt.

Ils ne virent plus aucun ours ce soir là ni les soirs qui suivirent pendant toute une année...

L'indien me regarde en souriant, l'air entendu, cherchant dans mon regard le signe de ce que j’appréhendais moi aussi l'extraordinaire signification de ce qu'il venait de me révéler. 

Je lui retournais un hochement de tête qui, rétrospectivement, aussi pénétré fut-il, me semble bien faible aujourd'hui.

Alors, visiblement satisfait, l'indien Nuxalk quitta lentement le surplomb dominant la rivière pour s'enfoncer d'un pas sûr dans la forêt que nul occidental n'osait pénétrer en cette période.

Nous ne vîmes aucun ours ce soir-là.




Quelque part, ailleurs, dans les jours qui suivirent :

Ours noir (femelle) à la chasse aux saumons.

samedi 28 juillet 2018

VTT à Fontainebleau ? Controverse.

Une polémique sourdre depuis plusieurs années dans nos contrées forestières sans qu'aucun compromis ne semble pouvoir être trouvé. D'un côté certaines associations de VTT qui revendiquent l'utilisation de l'intégralité des sentiers tracés en forêt de Fontainebleau, de l'autre des promeneurs et randonneurs qui, sous le patronage auto-revendiqué des AFF (association des Amis de la Forêt de Fontainebleau), s'oppose à ce que les cyclistes puissent emprunter les plus étroits et accidentés de ceux-ci, notamment les fameux sentiers Denecourt (balisage bleu) qui pénètrent dans les massifs les plus beaux et fragiles de la forêt.

En l'état actuel des textes et usages, il semble acquis que la pratique du vélo sur les chemins forestiers bellifontains inférieurs à une largeur de 2.5 mètres soit proscrite, même si cette analyse n'est pas systématiquement partagée, y-compris occasionnellement par l'ONF lui-même (!).

Au-delà du seul aspect réglementaire qui ne saurait être parfaitement opérant tant la diversité des traces et des situations est diverse, il faut prendre en compte les usages et les contextes d'utilisation. Il faut aussi considérer l'attrait particulier de chaque secteur et la prépondérance de l'obligation de préservation qui nous incombe.

Car le cœur du problème est bien là : la préservation des sites fréquentés. Elle est primordiale, essentielle à la pérennité de tout ce qui fait l'attrait et la beauté de notre forêt.

Il faut aussi prendre en compte la sécurité des personnes qui, dans certaines situations, peut être compromise. Je pense notamment aux enfants qui n'ont pas toujours le bon réflexe d'évitement ou au cycliste qui sera projeté à terre ou sur un rocher en essayant d'éviter un randonneur.

Ceci étant posé, il faut parler clairement : les portions problématiques ne représentent qu'une très faible proportion des traces bellifontaines. Ce sont essentiellement les sentiers les plus accidentés et engagés situés le plus souvent dans les chaos rocheux ou les dépressions importantes. Pourquoi ?

  • Pour les promeneurs et randonneurs, ce sont les portions les plus bucoliques et typiques de la forêt ;
  • Pour les enfants, les chemins les plus ludiques et rigolos à emprunter, on suit la peinture bleue entre les rochers ;
  • Pour les cyclistes, ce sont les traces les plus funs, avec une dimension technique et sportive en plus.

Alors pourquoi tant de haine ? Tout simplement parce qu'il y a de fortes incompatibilités entre les attraits énumérés précédemment :

  • la vitesse du compétiteur ne s'accommode que très difficilement de la lenteur toute bucolique et contemplative du naturaliste rêveur ;
  • le défi technique (passages cassants, étroits, engagés) du vététiste ne laisse que peu de place au respect des sols et à la préservation du milieu ;
  • le rigolo et ludique de l'enfant facétieux qui s'engage sur un sentier Denecourt tortueux risque de rencontrer frontalement et brutalement le fun tout en vitesse du vététiste ;
  • le groupe de randonneurs du dimanche, appréciant le typique des splendeurs bellifontaines, tout en caquetage, en inertie et en suréquipement, ne sera que peu diligent pour s'effacer au passage du cycliste en quête de performance ;
  • le naturaliste ou photographe, en quête de silence et de furtivité, n'est que peu enthousiasmé par le surgissement impromptu d'un groupe de cycliste en lycra jaune fluo et crissements de freins, interrompant sa solitaire contemplation trop exclusive.

Ajoutez à cela l'inconscience, la mauvaise volonté ou l'égoïsme qui sont des facteurs aggravants  assez bien répartis dans les populations sus nommées et vous aurez les raisons de tant d'antagonisme : d'un côté certaines associations cyclistes déterminées à tout se permettre, au risque de faire d'une partie de la forêt un playground pour deux roues ; et de l'autre des associations de préservation qui veulent tout interdire au risque de priver une frange de la population du rôle sociétal de la forêt.

Des solutions ?

La plus simple serait que chacun y mette du sien. C'est à dire que continuent à prévaloir les règles existantes du sens commun qui intiment à chacun de permettre aux autres la pratique du chemin dans les meilleures conditions, et qu'en bonne logique le plus rapide (a priori le cycliste, mais pas toujours) cède la priorité au moins rapide.

Ceci impliquerait cinq choses :

1/ que les cyclistes fassent preuve de prudence aux abords des passages sans visibilité et qu'ils ralentissent dans les portions étroites quand ils croisent des piétons (l'utilisation d'un ouvreur "prudent" qui donne le go aux suivants n'est pas bête mais ne garanti pas à 100% l'absence de piéton sur la trace) ;

2/ que les cyclistes renoncent à utiliser certains sentiers Denecourt lors des épisodes de fortes affluences ;

3/ que les piétons qui voient arriver des cyclistes s'écartent du chemin, dans la mesure du possible, pour les laisser passer ;

4/ que chacun, dans la bonne humeur d'une nature partagée, se salue en se croisant, ce qui, il faut bien le dire, n'est pas vraiment systématique. *1

5/ que prédomine toujours, dans tous les cas, l'intérêt commun et la préservation du site, de sa flore et de sa faune.

Malheureusement, force est de constater que le compromis n'a plus guère le vent en poupe depuis quelques temps. L'individualisme forcené gagnant du terrain, et les règles de sens commun énumérées plus haut n'étant plus universellement admises, il aura fallu trouver une autre solution qui semble avoir pris corps avec la création récente d'une piste réservée de VTT "technique" au Mont Ussy qui reprend pour partie des tracés "familiaux" déjà existants *2. Ce tracé VTT étant clairement identifié comme tel, il pourra probablement offrir plus de possibilités d'expression aux cyclistes dans un cadre plus sécurisé (les piétons étant clairement avertis de l'usage cycliste de la trace empruntée).

Cet unique tracé risque de s'avérer rapidement insuffisant et d'autres devront être ouverts. Pour autant permettront-ils d'endiguer la création de traces sauvages, y-compris dans des secteurs protégés, agrémentés de tremplins et aménagements ne respectant pas toujours la préservation du site ? Feront-ils diminuer les incivilités relevées sur les sentiers Denecourt, seront-ils suffisant pour faire retomber cette polémique ?

Personnellement je ne le crois pas. Il y a une forte dimension d'exploration dans la pratique du VTT et bon nombre de traces bleues continueront d'attirer les pratiquants à la recherche de secteurs engagés. Ce ne sont pas la création de 3 ou 4 traces supplémentaires "réservées" qui dissuaderont les aventuriers d'aller défier l'interdit sur des traces sympas. Certains y voyant d'ailleurs un attrait supplémentaire particulièrement excitant.

Vraiment, même si certains y verront de la naïveté, je crois que la seule et unique solution à ce dilemme est, et demeurera, notre capacité à partager l'espace publique dans le respect des autres. Chacun s'assurant à l'échelle individuelle de la préservation du site et de la possibilité laissée aux autres usagers de l'utiliser dans les meilleurs conditions. On sent bien intuitivement que la main laissée aux seules associations de cyclistes transformerait à terme la forêt en un terrain de jeu dédié à leur usage exclusif et que la prépondérance abandonnée aux associations de préservation interdirait exagérément à certains la pratique de leur passion. Il convient par conséquent comme toujours de favoriser un juste milieu que seule la raison, la bonne volonté et le bon sens permettront d'atteindre.

Pour cela il faudra que certains renoncent aux déclarations tonitruantes et excessivement clivantes qui ne peuvent qu'effrayer les vieilles dames conservatrices (mais influentes) locales. Il faudra aussi que certains écologistes locaux mettent de l'eau dans leur vin en concédant au rôle éminemment sociétal de notre forêt. Après tout, l'homme n'est qu'un animal élaboré qui a besoin d'assouvir ses besoins de nature et de loisirs : il ne saurait être considéré comme un intrus dans le biotope, qu'il soit à vélo ou pas.

Ce consensus devra être rapidement construit sur la nécessité puissante et incontournable de préservation de la faune et de la flore forestière qui devra guider les décisions futures. Nous allons sans aucun doute vers une augmentation drastique de la fréquentation, qu'elle soit pédestre ou cycliste, qui amplifiera fortement les divergences d'utilisation. Les différents acteurs locaux, pour de multiples raisons, essentiellement économiques, souhaitant développer cette fréquentation, notamment grâce à  l'obtention de statuts flatteurs et à fort attrait touristique ; seule le consensus et le bon sens pourront nous préserver des dégradations potentiellement irréversibles de la surfréquentation et des interdictions pures et dures qui deviendraient alors inévitables.

Responsabilité individuelle, éducation, respect, bon sens.


*1 / https://cetaitgreencomment.blogspot.fr/2016/04/mon-ami-cycliste.html
*2 / tracé bêtement saccagé : http://www.tl2b.com/2018/05/bleau-lonf-porte-plainte-suite-aux.html

vendredi 27 juillet 2018

La mutation s'accélère

Dans le cadre du contrat de projet 2018-2022 "Forêt d'exception" à Fontainebleau, sont envisagées plusieurs mesures qui, si elles peuvent sembler anodines, marquent le début d'une mutation profonde de notre forêt.

Brigade verte, ou la mort programmée de l'ONF ?

Comme toujours, pour palier au scandaleuses carences provoquées par l'asphyxie budgétaire imposée à l'ONF par l'Etat, le recours au gentil bénévolat est envisagé. Lui faire nettoyer la forêt, entretenir les chemins, protéger les arbres remarquables, inventorier la faune, arracher les invasives ne suffit plus : il faudra demain lui faire faire la police, patrouiller, surveiller et dénoncer les contrevenants.
Il est proprement scandaleux que le recours aux bénévoles soit devenu indispensable pour assurer l'entretien et la surveillance d'une forêt aussi extraordinaire de par son histoire, sa richesse patrimoniale et sa fréquentation. Des millions de personnes s'y promènent chaque année. Des millions de personnes qui contribuent à la solidarité nationale via l'impôt et qui constatent, année après année, une nette dégradation de l'état de la forêt et des moyens qui sont alloués à l'Office qui en a la responsabilité.
Soyons assurés que l'ONF, délesté de ses missions d'entretien, d'éducation, de protection du vivant et de surveillance des espaces forestiers, entièrement focalisé et concentré sur la vente du bois, factotum de l'industrie sylvicole, sera vite remplacé par une société de droit privé.

Il faut s'opposer à la création de cette brigade d'opérette, trompeusement appelée "rangers" dans les médias locaux (les vrais rangers nord-américains sont assermentés, armés et ont le pouvoir de police sur le territoire dont ils ont la charge) et qui ne fera que précipiter la fin de l'ONF.
Il faut au contraire donner un budget adapté à l'office, le réformer, sans doute, mais en lui donnant les moyens humains et matériels de sa mission d'entretien, de valorisation et de surveillance du massif de Fontainebleau. Il faut enfin donner à la protection du vivant et des espaces naturels toute l'importance qu'elle devrait revêtir plutôt que perpétuellement se payer de mots.

Parc animalier : premier pas vers l'éradication ?

Dans la dynamique libérale précédemment évoquée, un grain de sable risquerait de gripper la machine productiviste : la vie animale indigène incontrôlée. On le sait, depuis quelques années la grande faune n'est plus la bienvenue en forêt de Fontainebleau. De l'aveu même du responsable de la chasse, les cervidés, trop nombreux, nuisent à la forêt en consommant les arbrisseaux. Les suidés (sangliers notamment) posent un problème d'urbanisme en fouissant dans les gazons et parterres floraux des villes et villages environnants. La faune sauvage indisciplinée provoque un problème de sécurité routière (voir les très nombreux articles de la République de Seine et Marne sur le sujet) de part sa fâcheuse propension à se faire culbuter par des automobilistes incapables dans leur majorité de concéder à une diminution de vitesse. Bref, la faune indigène dérange. Elle dérange d'autant plus que les habitants de la région de Fontainebleau ont changés : sur une base plutôt rurale s'est ajouté un mélange hétérogène de citadins victimes de la flambée des prix de l'immobilier et contraints de s'éloigner de Paris, et de néoruraux à le recherche d'une "campagne" fantasmée dont ils sont parfois peu enclins à subir les contreparties. On a donc une exigence de qualité de vie et de proximité avec le bassin d'emploi parisien qui s’accommode mal des contingences liées à la vie sauvage. On veut du bio sans pépins en somme.

Il est donc envisagé de créer une zone délimitée en forêt, close, qui accueillerait quelques spécimens représentatifs de la faune locale. Une sorte de zoo de luxe, une vitrine à l'intention des visiteurs trop pressés pour arpenter la forêt ou trop frustrés d'avoir essayé en vain. On pense tout de suite à ces autocars déversant les touristes devant les grilles du château à qui l'on pourrait proposer un combo château+faune pour quelques euros de plus.
Las, un échantillon animal dument labellisé et conservé dans cette aire "sécurisée" permettrait sans aucun doute de pouvoir continuer à montrer du cerf sur les plaquettes promotionnelles tout en  engageant une politique de gestion de la grande faune sauvage restée libre beaucoup plus restrictive, d'en diminuer fortement les populations pour se débarrasser à Fontainebleau des empêcheurs de cultiver les arbres en rond.

Il faut s'opposer à la création de ce parc animalier qui serait un comble dans un des derniers espaces naturels préservés franciliens. S'opposer à cette vitrine qui permettrait de sauver les apparences dans un espace où la faune sauvage est considérée comme quasi nuisible. Travailler à l'éducation, investir dans les futures générations, développer le goût de la beauté et de la transcendance, former le prochain contingent de contemplatifs qui continueront à s'émerveiller d'un rai de lumière dans les frondaisons ou d'un gracieux trot de biche dans un sous-bois. Tout faire pour conserver au fond de chacun d'entre nous cet infime atome d'animalité qui nous lie encore à Gaïa et dispense la plupart des hommes de voir un animal dans une cage, un arbre abattu ou une rivière polluée sans en éprouvé de culpabilité.

Projection


On le voit bien, il y a une tendance forte à vouloir transformer, faire muter notre forêt en un objet  économiquement rentable. L'espace naturel ne se suffit plus à lui-même, son rôle sanitaire (repos, contemplation, introspection, détente, loisir), éducatif (émerveillement, éveil, apprentissage, respect) et environnemental (réserve biologique, biodiversité, transferts gazeux) ne pèse plus assez dans une comptabilité ou l'actif ne vaut plus que par sa valeur liquidative, où le passif de la dette emporte tout. L'homme, pétrit de suffisance et de certitudes, fait mine de croire qu'il est essentiel à la nature et se mêle d'améliorer son ordonnancement, de substituer à ses lois intemporelles qui président depuis des millions d'années à sa formidable expansion, de ridicules artifices dont la substance est faite d'égoïste inconscience.

Dans un grand mouvement de prédation, l'humanité s'empare de tout ce qui peut être valorisé et consommé. La terre et l'eau ont intégré le grand marché de l'économie, l'air sera bientôt une marchandise au prix dépendant de sa pureté ; le droit de polluer est déjà monétisé. On s'attend dans les années qui viennent à de graves crises liées aux réserves hydriques. Cette grande dynamique funeste gouverne tout et il est à craindre que l'appétissante forêt de Fontainebleau soit elle aussi emportée dans ce tourbillon ultralibérale. Comme le prophétisait Romain Gary dans sa lettre à l'éléphant, le végétal incontrôlé et l'animal sauvage n'ont plus leur place dans cet ordonnancement dont la rentabilité est l'ultime horizon.

Il faudra par conséquent prendre garde à ce que les années qui viennent ne voient sonner l'hallali d'une forêt qui souffre déjà de multiples maux et que la disparition de son gestionnaire historique ne permette à certains opérateurs privés de reproduire la curée des forêt morvandelles et à quelques acteurs locaux d'en faire un parc de loisirs.


Priorité budgétaire

Alors que l'Etat français réfléchit à la mise en place d'un droit d'entrée dans les parcs nationaux français pour notamment compenser les coupes budgétaires imposées depuis plusieurs années :


Nous apprenons ces derniers jours, en pleine torpeur estivale, que le nouveau système de gestion des personnels de l'Education Nationale, catastrophe informatique dénommée SIRHEN, était abandonné après un investissement de 320 millions d'Euros dans son développement.

On nous communiquait également la nécessité absolue de reprendre les soudures insuffisantes de l'EPR de Flamanville, occasionnant un nouveau retard d'un an et un surcoût de 400 millions d'Euros.

Nous voyons donc 720 millions d'Euros dilapidés quand l'ONF se meurt lentement faute de budget et quand l'Etat français projette de réserver l'accès aux parcs nationaux à ceux qui peuvent en payer l'accès.

samedi 31 mars 2018

Trop de cervidés à Fontainebleau !


Article du Parisien :


Où l'on voit confirmé par le directeur des chasses de Fontainebleau lui-même que la présence des cervidés à Fontainebleau est problématique.

« Globalement, cette nuit, nous avons comptabilisé beaucoup d’animaux, grimace Jean-Marc dont les équipes ont recensé 137 grands cervidés, 31 chevreuils et près de 89 sangliers, dont 42 jeunes. Les effectifs semblent malgré tout en baisse par rapport à l’année dernière, ce qui est positif. Les cervidés mangent trop de jeunes pousses. Cela impacte la croissance des arbres, voire les empêchent de se développer. »

Voilà qui a le mérite d'être clair. Fontainebleau doit être prioritairement un champs d'arbres permettant l'exploitation sylvicole. Dont acte.

Ainsi donc on souhaite faire inscrire un site de production au patrimoine mondial de l'UNESCO ? Diantre, voilà qui est ambitieux !

Évidemment il fallait l'assortir du coutumier argument sécuritaire pour sucrer un peu la potion. C'est le Parisien qui s'en charge :

Cela peut aussi s’avérer dangereux pour les automobilistes. A 2 heures passées, à quelques dizaines de mètres du carrefour de la Libération, une harde de sangliers, dont un impressionnant mâle, se promenait sur le bas-côté et la voie de droite ! Un danger constant la nuit alors que les animaux se déplacent pour se nourrir.

Faut-il rappeler qu'au Canada par exemple, les routes traversant les forêts protégées sont limitées à 50km/h et que, incroyable pour un français, les canadiens respectent ces limitations ! Les accidents impliquant la grande faune sont par conséquents proportionnellement très peu nombreux.

Faut-il rappeler qu'un animal qui se déplace le fait pour des raisons essentielles à sa survie et qu'un automobiliste incapable de lever le pied en forêt le fait pour... Pourquoi au fait ?

Que Jean-Marc Caccouault se rassure, les observateurs, naturalistes et photographes de Fontainebleau sont quasi unanimes pour constater une diminution des populations de grande faune. Et ces derniers n'ont pas besoin d'un comptage nocturne à la méthodologie fantaisiste, ils arpentent la forêt toute l'année, à pied et respectueusement.

Allez, pour les amoureux de la forêt, une chtite photo faite à la main, avec approche à pied et en plein jour :

Cervidés à Fontainebleau, bientôt document historique ?