samedi 31 mars 2018

Trop de cervidés à Fontainebleau !


Article du Parisien :


Où l'on voit confirmé par le directeur des chasses de Fontainebleau lui-même que la présence des cervidés à Fontainebleau est problématique.

« Globalement, cette nuit, nous avons comptabilisé beaucoup d’animaux, grimace Jean-Marc dont les équipes ont recensé 137 grands cervidés, 31 chevreuils et près de 89 sangliers, dont 42 jeunes. Les effectifs semblent malgré tout en baisse par rapport à l’année dernière, ce qui est positif. Les cervidés mangent trop de jeunes pousses. Cela impacte la croissance des arbres, voire les empêchent de se développer. »

Voilà qui a le mérite d'être clair. Fontainebleau doit être prioritairement un champs d'arbres permettant l'exploitation sylvicole. Dont acte.

Ainsi donc on souhaite faire inscrire un site de production au patrimoine mondial de l'UNESCO ? Diantre, voilà qui est ambitieux !

Évidemment il fallait l'assortir du coutumier argument sécuritaire pour sucrer un peu la potion. C'est le Parisien qui s'en charge :

Cela peut aussi s’avérer dangereux pour les automobilistes. A 2 heures passées, à quelques dizaines de mètres du carrefour de la Libération, une harde de sangliers, dont un impressionnant mâle, se promenait sur le bas-côté et la voie de droite ! Un danger constant la nuit alors que les animaux se déplacent pour se nourrir.

Faut-il rappeler qu'au Canada par exemple, les routes traversant les forêts protégées sont limitées à 50km/h et que, incroyable pour un français, les canadiens respectent ces limitations ! Les accidents impliquant la grande faune sont par conséquents proportionnellement très peu nombreux.

Faut-il rappeler qu'un animal qui se déplace le fait pour des raisons essentielles à sa survie et qu'un automobiliste incapable de lever le pied en forêt le fait pour... Pourquoi au fait ?

Que Jean-Marc Caccouault se rassure, les observateurs, naturalistes et photographes de Fontainebleau sont quasi unanimes pour constater une diminution des populations de grande faune. Et ces derniers n'ont pas besoin d'un comptage nocturne à la méthodologie fantaisiste, ils arpentent la forêt toute l'année, à pied et respectueusement.

Allez, pour les amoureux de la forêt, une chtite photo faite à la main, avec approche à pied et en plein jour :

Cervidés à Fontainebleau, bientôt document historique ?



mardi 27 mars 2018

Société de l'information... hautement volatile.

Dans notre société de l'information, les "news" circulent à un rythme effréné.

Nous sommes submergés, gavés d'informations jusqu'à l’écœurement et, comme notre fonction olfactive peut l'être d'un parfum capiteux, notre capacité de compréhension est endolori, saturée jusqu'à provoquer une forme d'acatalepsie. Si bien que certaines nouvelles qui devraient nous saisir d'effroi et provoquer une prise de conscience immédiate, collective et puissante, n'ont d'autre effet qu'une vague petite musique, un murmure d'inquiétude sans lendemain.

C'était le cas il y a quelques années quand nous apprenions la diminution extrêmement préoccupante des abeilles en Europe. On nous montrait en guise d'avertissement ces petites mains chinoises fertiliser, fleur par fleur, pendant des semaines, les cerisiers et autres fruitiers, faute d'abeilles pour s'en charger. On nous informait de ce juteux business, aux Etats-Unis, qui consiste en la location pendant la floraison, aux sociétés productrice d'amandes, de ruches salvatrices pour palier à la disparition des insectes pollinisateurs. On pointait du doigt la chimie phytosanitaire, les traitements utilisés, les quantités hallucinantes répandues. Le glyphosate, entre autre, était dénoncé.

Et une poignée d'années ont passées, le vent puissant de l'info en continue a soufflé...

Et puis, la semaine dernière, un communiqué du Muséum d'Histoire Naturelle, nous apprenait qu'une étude indiquait une très nette diminution des populations d'oiseaux dans les campagnes françaises. Un tiers en moins en 15 ans. Presque rien.

On suppute que cette diminution serait due à la disparition massive des insectes, décimés par l'utilisation massive en agriculture de nitrate et neurotoxiques puissants et persistants.

Neurotoxiques puissants et persistants. Le lien est clairement démontré dans l'étude.

Autrement dit, nos pratiques agricoles tuent les insectes massivement depuis des années et en corolaire les oiseaux qui ne peuvent plus s'en nourrir. Un nouveau maillon de la chaine alimentaire est en train de céder. Faut-il rappeler que malgré toutes nos illusions de modernité, l'Homme reste un maillon de celle-ci ?

Entendez-vous la douce musique d'indifférence d'une information qui déjà s'estompe, supplantée, écrasée, par toutes celles que nous avons reçues depuis ? Constatez-vous le peu d'intérêt qu'elle aura suscitée dans les couloirs vernissés de nos institutions ? Voyez-vous avec quelle légèreté guillerette nous serons passés depuis au magot posthume d'un rockeur fatigué ou à l'outrage supposé d'une starlette prête à tout ?

Et pourtant nous y sommes probablement. Nous y sommes à la croisée des chemins où chaque décision est déterminante. Où chacune d'elle rapprochera l'Humanité soit d'une tentative avortée de l'intelligence, soit d'un âge adulte dans lequel la maturité aura été synonyme de respect du vivant. Nous y sommes ! Mais...

Alors quand je l'ai vu, là, juste devant ma fenêtre, je me suis dit qu'il fallait en garder une trace, pour mémoire, de ce beau bouvreuil (pyrrhula pyrrhula) en train de disparaitre de nos campagnes, dans une quasi indifférence... Mais en musique.

Bouvreuil en sursis (Pyrrhula Pyrrhula)











dimanche 4 mars 2018

Album photo du 4 mars 2018

Ombres chinoises

Forêt givrée

Forêt de Fontainebleau, le gros gâteau.


Si l'on peut prétendre sans se tromper que l'individualisme progresse dans notre société et que les notions de solidarité, d'entraide et de civisme perdent du terrain, il est un lieu, la forêt de Fontainebleau, où cette mutation s'exprime pleinement et à un rythme inquiétant.
En effet, là ou le sentiment d'appartenance à un groupe humain s'affaiblit, le respect du bien commun disparaît proportionnellement, jusqu'à, chez certains, autoriser des comportements asociaux, les fameuses incivilités.

Nous en avons encore, malheureusement, un parfait exemple avec la dégradation d'un rocher remarquable rapportée par l'équipe de la TL2B. Cette dégradation ayant été commise, d'après les premières constatations, pour permettre une meilleure prise d'élan à vélo sur un tremplin installé un peu plus loin.

Cette dégradation vient s'ajouter à une longue, très longue liste de méfaits, qui peuvent parfois paraître anodins mais dont la portée réelle ne doit pas être sous-estimée.

Il ne s'agit de rien de moins que la transformation de notre patrimoine forestier commun, au mépris de sa faune et de sa flore, en un terrain de jeu sauvagement privatisé pour permettre à une minorité, parfois à une poignée d'individus, d'assouvir sa passion.

On pense immédiatement aux raves sauvages organisées ici et là, parfois en plein cœur de la forêt, pendant le brame, 3000 watts poussés à fond pendant 48 heures, des déchets à la pelle abandonnés sur place. Pas mal ;

Les chasseurs qui ont tous les droits, ou presque, dont celui de se balader en gros 4x4 sur les chemins quand bon leur semble et d’agrainer toute l'année avec des tonnes de maïs, de tubercules divers et variés pour entretenir la présence des cervidés et suidés qu'on prendra beaucoup de plaisir à tuer en saison. Celui de tirer à balle avec une portée de 2km dans un espace publique. Celui de traquer à courre le cerf jusqu'à le pousser sur de grands axes routiers. Celui de flinguer à la lunette pendant le brame ;

Les adeptes du land art qui nous gratifient de leur vision très personnelle de la nature pour le meilleur et souvent pour le pire ;

Certains cyclistes qui empruntent les chemins très étroits comme les sentiers Denecourt sans considération pour les autres usagers ou qui organisent des event sauvages en tout terrain avec balisage permanent, y-compris dans certaines zones sensibles ;

Les grimpeurs de blocs qui, dans de fichues guéguerres d'égo et de jalousies en arrive parfois à endommager les rochers pour en interdire l'escalade ou permettre une première ;

Les trekkeurs qui balisent sans autorisation à la bombe de peinture les arbres et les rochers ;

Les imbéciles (litote) qui utilisent notre espace commun comme un dépotoir en y déversant des tonnes de déchets ;

Les gardes forestiers qui, dans certains secteurs, jouent de la bombe de peinture avec une telle frénésie qu'ils sont responsables d'une inacceptable pollution visuelle ;

Les gogos qui, pour approcher le cerf pendant le brame, se baladent en pleine nuit en forêt avec de puissantes lampes-torches ;

Les sauvages qui cassent irrémédiablement les arbres pour récupérer en saison les fruits du houx, les nèfles et châtaignes ;

Certains photographes animaliers qui contribuent par leur indélicatesse au stress de la faune ;

Et pour finir, la cerise sur le gâteaux, les adeptes des quads, motocross et autres engins motorisés qui tentent d'obtenir le droit de pénétrer en forêt légalement tout en s'y aventurant occasionnellement illégalement ;

On le voit bien à la lecture de cette liste non exhaustive, chacun veut sa part de forêt, chacun veut faire valoir sont supposé droit à l'utiliser comme bon lui semble, parfois même au prix d'une remise en cause de sa pérennité ou de son intégrité. Les antagonismes sont puissants et les appétits féroces, l'avenir s'annonce périlleux pour notre belle espace naturel au 7 statuts de protection.

Sa prochaine obtention du classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, porté par le maire de Fontainebleau avec la bénédiction des AFF lui apportera un surplus de notoriété qui augmentera probablement très sensiblement sa fréquentation. C'est très bien, mais pour qui ? Certainement pas pour la préservation du site lui-même.


Pendant qu'on se félicite entre gens distingués, pendant qu'on porte l'art du compromis à des sommets stratosphériques, les amoureux de la forêt, ceux qui y vivent depuis toujours, qui l'ont dans le sang, voient bien le déclin qui s'opère, sentent bien que des forces s'exercent pour, non pas en garantir la pérennité et l'intégrité, mais s'assurer de son rendement ou la transformer en un gigantesque terrain de jeu de 20.000 hectares, manger une part du gâteau.

Souhaitons qu'une intelligence collective se fasse entendre et respecter, pour réfréner ce puissant courant d'égoïsme qui ne saurait, à terme, garantir la survie du joyau naturel commun que nous chérissons.


vendredi 16 février 2018

Rêves de Montagne, aidons Léo Gayola !

Léo Gayola est un talentueux photographe des Alpes qui nous livre depuis plusieurs années de très beaux recueils d'images. J'avais déjà évoqué sont travail ici.

Son site internet est à découvrir sans réserve : https://www.natureauvol.com/

Il lance aujourd'hui en autoédition un nouvel ouvrage qui promet beaucoup :
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Nous avons la possibilité de l'aider, dès 5 Euros, sur le site de financement participatif qui héberge sont projet. Pour 38 Euros, vous aurez la double satisfaction de contribuer au projet et de recevoir le livre chez vous en avant-première !

Bref, vous l'aurez compris, je recommande très chaudement le travail de Léo. N'hésitez pas à l'aider, en fonction de vos moyens, à diffuser son superbe travail.


vendredi 2 février 2018

Délestage médiatique

On se souvient du délestage d'un avion d'Air France survenu il y a presque un an et demi, en septembre 2016, au dessus de la Forêt de Fontainebleau, des cris d’orfraie de certains et des promesses solennelles des autres.


L'information avait été rapportée jusque dans les gazettes parisiennes qui nous assurait, à l'époque, qu'on allait effectuer des prélèvements et les soumettre à des tests en laboratoires pour mesurer l'impact environnemental de l'affaire. La belle forêt aux 7 statuts de protections ne serait pas outragée ainsi sans conséquences ! On allait voir ce qu'on allait voir !

On allait tellement voir que... On a strictement rien vu !

Et si vous voulez mon avis mes amis, on peut attendre encore longtemps :-)