lundi 8 juillet 2019

Un pied dans la porte

Voilà un bien étrange décret qui devrait permettre de transférer le pouvoir décisionnaire de construction en zone classées du Ministère de la transition écologique vers les préfectures. Avec toutes les pressions et stratégies politiques locales sous-jacentes, on imagine bien quel peut-être l'intérêt des gros bétonneurs ou de l'industrie du loisir de faire modifier un circuit décisionnel qui fonctionne pourtant bien et depuis longtemps. On nous promet la réduction du délai de 6 à 4 mois pour obtenir une autorisation de construction... La belle affaire !



Les français sont peut-être des moutons mais une chose est certaine : ils sont très attachés à l'environnement, à leur qualité de vie et à l'écologie de façon générale. Il y aura grand péril politique et social à permettre le saccage de nos joyaux naturels et de tous nos sites classés en général.

On voit bien, notamment en Seine et Marne, comment les décisions préfectorales peuvent être influencées par certains groupes de pression (notamment les chasseurs). Espérons que, si ce décret devait être adopté, nos préfets soient suffisamment imperméables aux influences locales et qu'ils aient le courage de s'opposer à d'éventuelles "recommandations d'arbitrages" venant de leur hiérarchie parisienne...



lundi 1 juillet 2019

Label UNESCO : la notoriété peut tuer.

Certains à Fontainebleau poussent de toutes leurs forces pour faire ajouter la forêt de Fontainebleau à la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

UNESCO BEIRUT (@UNESCOBEIRUT) | Twitter
D'autres, comme c'est mon cas, sont bien plus réservés quant à cette opportunité qui, certes, développerait la fréquentation touristique de façon spectaculaire  - et avec elle la santé financière de ceux qui en vivent - mais accentuerait dramatiquement la surfréquentation d'une forêt qui en souffre déjà fortement.

Avant d'être un espace de loisir ou d'exploitation, n'oublions pas qu'une forêt est avant tout un poumon indispensable aux échanges gazeux et que son rôle est capital dans le cycle hydrique. Elle est aussi un habitat pour la faune sauvage, parfois endémique, qui est déjà bien malmenée.

Le Monde Diplomatique nous apporte un article intéressant sur ce sujet et plus particulièrement sur le choc de surfréquentation potentiellement catastrophique pour le site distingué : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/CLASTRES/60056.

Il faut beaucoup de subtilité et de sagesse pour exploiter économiquement de façon pérenne un espace naturel fragile. Il faut des femmes et des hommes engagés et respectueux, soucieux de préservation et de transmission aux générations futures. Il faut des règles strictes et du personnel pour les faire respecter.

Les forces en présences dans cette affaire, la liquidation de l'ONF qui, malgré les paroles rassurantes, semble se profiler, les appétits des uns et des autres, l'austérité budgétaire généralisée, sont autant de signaux inquiétants. On retrouve en l'espèce toute la belle assurance et l'optimisme débridé (pour ne pas dire l'arrogance) qui faisait loi lorsque la politique des déchets fut mise en œuvre il y a quelques années, avec l’acuité que l'on peut mesurer aujourd'hui et l'explosion des dépôts sauvages d'ordures en forêt... Bel écrin pour une distinction !

J'espère évidemment me tromper et si d'aventure notre forêt devait à son tour être distinguée par l'UNESCO, souhaitons que ce label supplémentaire ne soit pas trop lourd à porter pour un patrimoine naturel au bord de l'asphyxie.

Michel Onfray : l'écologie

Point de vue de Michel Onfray sur l'écologie.


On notera que le philosophe, dans sa campagne normande, semble confronté à la même gestion calamiteuse du sanglier qu'en pays de Fontainebleau !

Autre lien.